Marie de Hennezel : Se préparer pour vieillir heureux…

Marie de Hennezel était ce soir au Centre des congrès à Épinal pour la semaine bleue. Elle a dispensé ses clés pour vieillir heureux : Lâcher prise sur le corps et se concentrer sur l’intériorité. « Vieillir est une éclosion », a-t-elle affirmé, devant une salle pleine.  Mais on a comme une impression d’antinomie avec le monde d’aujourd’hui.

Le sujet mobilise. On sera tous vieux un jour et on a tous une personne âgée dans notre entourage, alors comment vieillir heureux ? Marie de Hennezel n’a pas de baguette magique, juste quelques clés issus de sa recherche et de ses rencontres avec des personnes âgées.

Une société jeuniste qui nous interdit de vieillir

« Nous sommes dans une société jeuniste, qui nous interdit de vieillir », constate-t-elle en ouverture, citant comme exemple les pubs ou les crèmes « anti-âge ».  « Les femmes ont gagné 7 ans de vie, poursuit la psychothérapeute, et une petite fille sur 2 sera centenaire« . Donc mieux vaut se préparer à la vieillesse ! Marie de Hennezel reprend l’adage de Woody Allen : « Vieillir, je n’ai rien contre, car on n’a jamais trouvé mieux pour ne pas mourir jeune ». Mais c’est subir la fatalité, plutôt que vieillir heureux.

Une oeuvre en 3 temps

« Vieillir est une expérience intéressante, assure-t-elle, dans le sens où toute vie est une oeuvre et chaque âge y contribue ». Elle décrit ce parcours en 3 temps : le premier, c’est la construction de sa vie familiale et professionnelle, le 2e temps est consacré à tourner son énergie vers soi pour développer son intériorité et le 3e temps à rayonner cette intériorité. « D’ailleurs en hébreu, il y a un seul mot pour grand âge et ivre de joie », remarque-t-elle.

La vieillesse explore les contrevaleurs

« La vieillesse est utile, parce qu’elle explore les contre valeurs d’une société : la fragilité dans un monde qui valorise la force, la lenteur dans un monde qui valorise la vitesse, la disponibilité dans un monde de la sur-occupation, le temps libre dans un monde contraint », détaille Marie de Hennezel.

4 clés du bonheur

Elle donne 4 clés pour aborder la vieillesse avec sérénité : le lâcher prise, s’ouvrir au monde, rester positif et méditer sur sa finitude. Pour elle, deux choses caractérisent les personnes âgées, l’allégement et la réconciliation avec leur vie. Mais comment lâcher prise dans une société qui vous demande de travailler jusqu’à 65 ans voire 70 ans au moins et toujours avec plus de rentabilité, qui vous bouscule parce que vous ne faites pas 4 choses en même temps et que vous manquez de réactivité ? N’est-ce pas utopie et méthode Coué ?

Des paradoxes qui obscurcissent l’horizon

Le corps ne suit plus autant, mais vous devez pourtant toujours être en surrégime et quand vous avez droit à la retraite, c’est pour garder les petits enfants parce que les parents ont des horaires décalés ! Le paradoxe est bien de trouver une place dans un monde qui va toujours plus vite, de ne pas se sentir isolé, quand la famille est aux 4 coins du monde, quand vous ne savez pas comment vous pourrez payer la pension de l’Ehpad qui fait 4 fois votre retraite. Et quand le corps est malade, comment lâcher prise alors qu’il faut s’accrocher pour refaire surface, lutter contre les cellules invasives ou pour la rééducation ? La maladie et la vieillesse n’ont pas de place dans notre société moderne. peut-être faudrait-il en prendre conscience pour tenter de se préparer à vieillir heureux… Marie de Hennezel répond détachement, intériorité, contemplation …

 

 

 

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