Economie

TRW, l’espoir de sauver une centaine d’emplois

Les salariés de TRW ont réussi à ramener le groupe américain à la table de négociation. Même si les accords ne sont pas encore signés,  ils espèrent sauver une centaine d’emplois. Les 315 salariés de TRW devront décider la semaine prochaine s’ils acceptent le plan négocié ou s’ils vont en justice.

 

« Rien n’est signé, insistent les représentants syndiqués à la CGT, mais les négociations sont bien engagées. Le groupe s’engage à maintenir une licence sur 5 ans pour le site de Ramonchamp et à lui accorder une clause de non concurrence. Ils acceptent d’accompagner la décroissance sur des pièces de rechange et des produits en fin de vie », explique Lionel Pavot. Nous avons demandé au groupe de ramener chez nous quelques marchés de niche. Ils acceptent de lâcher quelques moyen, environ 20M€ de chiffre d’affaires, pour maintenir l’activité sur le site le temps de préparer « la New Co ».

100 à 140 emplois pourraient être sauvés

Les donneurs d’ordre seront Peugeot et Renault. « Comme ce sont des produits en fin de vie, nous ne pourrons pas conserver tous les emplois mais nous en sauverons une centaine, peut-être 140, tout dépend des volumes que ces constructeurs vont pouvoir nous faire passer. ».

Bien sûr, ce n’est qu’un tiers de l’effectif, mais les délégués calculent que cette activité maintenue sur le site, leur permettra progressivement de développer d’autres produits, et peut-être dans le meilleur des cas, d’embaucher à nouveau. Ils ont quelques pistes qu’ils doivent étudier. Les autres partiraient avec une prime.

La décision reste aux salariés de TRW

« Voilà trois ans que nous avons des périodes de chômage partiel, il faut être réaliste, poursuit Lionel Pavot.

Il n’est pas possible de sauver les 315 emplois. La projection faite par un cabinet d’experts estime à 138, le nombre de salariés pertinent ».

La prochaine étape sera de soumettre la semaine prochaine ces propositions à l’apporbation des 315 salariés de TRW. Soit ils acceptent le plan négocié et le sauvetage d’une centaine d’emplois, soit ils s’engagent dans un recours en justice qui prendra des années et n’est pas sûr d’aboutir. « Une majorité d’entre eux semblent prêts à adopter la proposition négociée, mais ce sera leur décision ».

Faire bouger les lignes, c’est possible !

Autre date à dépasser, le point d’étape du 6 décembre. Les délégués espèrent que le tribunal prolongera la mesure, pour leur laisser le temps de conclure les négociations.

« Cette lutte est innovante, reprend Denis Schnabel, secrétaire de l’UDCGT, et nous voulons le faire savoir. Nous voulons valoriser  ce que TRW a obtenu. Avec 300 salariés, nous avons réussi à mettre un grand groupe américain autour de la table. Nous appelons les salariés dans des situations similaires à se battre. Rien n’est perdu. Les lignes peuvent bouger ».

L’union fait le poids

Ils rappellent que 200 personnes s’étaient déplacées à Düsseldorf au Comité central d’entreprise. « Les syndicats européens ont appuyé la démarche des TRW de Ramonchamp et le site de Sochaux a interpellé le ministère du redressement productif. C’est ce rassemblement des forces qui a pesé, constate Denis Schnabel. Nous voulons juste que les groupes soient responsables même s’ils restructurent leurs filiales. Ils vont quand même distribuer 1,4 milliards de dollars aux actionnaires »

Devant la détermination des salariés de Ramonchamp et le soutien de la vallée mobilisée à leur suite, le groupe a craint que la mauvaise publicité ne lui fasse perdre des marchés essentiels et il a demandé une négociation par l’intermédiaire de l’avocat.

3 jours de négociations

Neil Marchuk, vice-président exécutif en charge des ressources humaines chez TRW Automotive a été envoyé pour résoudre la crise. Ils ont travaillé 3 jours à huit clos. « Il a avoué que c’était la première fois qu’ils étaient confrontés à cette situation témoigne Denis Schnabel. Le groupe veut vraiment en sortir, mais nous avons senti le fossé culturel entre les Etats Unis et la France. Ils ne voyaient pas de raison de réparer puisque leur juriste leur avait dit qu’ils pouvaient se séparer de l’unité française à moindre coût »

B.Boulay

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